Le 15 octobre 2026, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, a défendu devant la commission des affaires sociales du Sénat une indexation partielle des retraites de base pour 2027. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) réserverait la revalorisation complète aux petites pensions. Au 24 octobre, ce dispositif reste une proposition : l’Assemblée nationale a rejeté le PLFSS en première lecture le 23 octobre.
1 260 euros et 1 281 euros, deux repères dans le même texte
L’article 35 du projet déposé le 1er octobre distingue le montant qui sert à classer les retraités et les pensions dont la hausse serait limitée. Le seuil dépendrait du total mensuel des pensions personnelles et de réversion, de base et complémentaires, perçues par chaque assuré au 31 décembre 2026. La dérogation porterait sur la revalorisation des pensions des régimes obligatoires de base.
Jusqu’à 1 260 euros, le coefficient habituel de revalorisation serait conservé. Au-dessus, le texte prévoit une transition par paliers de 1 265, 1 270, 1 275 et 1 281 euros, avec une hausse réduite fixée par décret. Le montant de 1 281 euros ne remplace donc pas celui de 1 260 euros pour l’indexation complète.
Pour les pensions au-delà de 1 281 euros, le projet prévoit un gel en l’absence de décret de revalorisation. Un décret pourrait accorder une hausse, avec effet au 1er janvier 2027, sans dépasser l’indexation habituelle ni diminuer le montant nominal des pensions.
Un effort budgétaire défendu par le ministre
Lors de son audition, Jean-Pierre Farandou a présenté le gel au-dessus de 1 260 euros comme l’hypothèse retenue pour chiffrer les économies. Selon le compte rendu de Public Sénat, il a justifié la contribution des retraités au redressement des comptes publics tout en reconnaissant la dureté du dispositif.
L’exposé des motifs du projet évalue à quatre milliards d’euros en 2027 un scénario de gel des pensions au-dessus de 1 281 euros. Ce montant reste un chiffrage gouvernemental. La CFDT Retraités critique de son côté le gel partiel et les mesures prévues pour les pensionnés dans son analyse des projets de loi.
Le rejet du 23 octobre ne fixe pas la hausse de 2027
Le 23 octobre, les députés ont rejeté la partie recettes du PLFSS par 115 voix contre une, avec 22 abstentions. L’examen s’est arrêté avant la partie dépenses. Selon LCP, le texte doit poursuivre son parcours au Sénat dans la version initialement présentée par le gouvernement.
Ce vote ne constitue donc pas une décision définitive sur la revalorisation des pensions en 2027. Les règles finales dépendront de la suite des débats et du texte effectivement adopté.



