Le 13 octobre 2026, devant la commission des lois du Sénat, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé 36 saisines de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) concernant les interventions liées au mouvement lycéen. Il a précisé que quatre affaires portaient sur des blessures mutilantes et six sur des blessures significatives.

Ce bilan porte sur les dossiers confiés à l’inspection au moment de l’audition. Le nombre de procédures ne permet pas, à lui seul, d’établir les circonstances de chaque blessure ni les responsabilités individuelles.

Ce que recouvre une enquête de l’IGPN

L’IGPN mène des enquêtes judiciaires et administratives. Selon sa présentation officielle, les premières sont conduites à la demande d’un procureur ou d’un juge d’instruction. Les secondes relèvent d’une saisine administrative, notamment du ministre de l’Intérieur, ou peuvent être engagées d’initiative lorsque les faits font aussi l’objet d’une enquête judiciaire.

Ces procédures servent à examiner des faits susceptibles de mettre en cause des policiers. Leur ouverture ne constitue ni une sanction disciplinaire ni une condamnation pénale. Le décompte annoncé le 13 octobre ne livre pas de conclusion commune aux 36 affaires.

À Lens, des versions opposées et une nouvelle plainte

L’un des cas qui ont marqué la mobilisation est celui d’un adolescent de 15 ans, amputé d’une main après l’explosion d’une grenade le 5 octobre près du lycée Auguste-Béhal, à Lens, dans le Pas-de-Calais. La Voix du Nord avait recueilli dès ce jour des versions contradictoires sur les circonstances de la blessure.

Le 9 octobre, le procureur de Béthune a indiqué que le tir avait respecté le mode opératoire prescrit. Il a fait état de témoignages selon lesquels la grenade, tombée au sol, avait été saisie par un manifestant avant d’exploser, tout en précisant qu’aucune vidéo disponible dans l’enquête ne montrait l’explosion.

Le 10 octobre, la défense de l’adolescent a contesté qu’il ait ramassé la grenade. Le 14 octobre, son avocat Bertrand Wattez a annoncé le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la saisine d’un juge d’instruction. Il a également indiqué que le jeune homme avait été entendu la veille par l’IGPN. Le dépôt de plainte exprime la démarche de la famille ; les responsabilités restent à déterminer.

Des bilans à replacer dans leur période

Le suivi s’est poursuivi après l’audition. Le 20 octobre, l’AFP a rapporté six enquêtes concernant des faits des 17 et 18 octobre, tout en mentionnant séparément les 36 enquêtes du mouvement lycéen. Ces indications portent sur des périodes et des événements différents : elles ne constituent pas une mise à jour détaillée des conclusions des dossiers annoncés le 13 octobre.