Le 10 septembre 2026, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a ramené à 0,4 % sa prévision de croissance pour la France cette année-là, contre 0,7 % dans sa note de juin. La note de rentrée décrit une économie freinée par les travaux publics, les vagues de chaleur et la faiblesse de la demande intérieure.
Ce scénario porte sur la progression annuelle du produit intérieur brut (PIB), qui mesure la production de l’économie. Il associe les résultats déjà connus du premier semestre à des prévisions pour les deux derniers trimestres.
Le rebond attendu au printemps n’a pas eu lieu
Dans sa note du 17 juin, l’Insee attendait une hausse du PIB de 0,3 % au deuxième trimestre, après un recul alors estimé à 0,1 % au premier. Les comptes détaillés publiés le 28 août ont ensuite fait apparaître un premier trimestre révisé à −0,2 % et un deuxième trimestre stable, à 0,0 %.
Pour la suite, le tableau de septembre prévoyait une hausse de 0,1 % au troisième trimestre, puis de 0,2 % au quatrième. Ces variations comparent chaque trimestre au précédent. Le taux annuel de 0,4 % compare, lui, la production moyenne de 2026 à celle de 2025, en volume, une fois l’évolution des prix retirée.
Travaux publics, chaleur et dépenses sous pression
Dans sa vue d’ensemble, l’institut relie notamment le recul des travaux publics au calendrier électoral municipal. Il estime aussi que les vagues de chaleur coûteraient environ 0,1 point de croissance sur l’année, surtout par leur effet sur l’agriculture. S’y ajoutent un marché du travail dégradé et des salaires peu dynamiques.
Selon les projections de septembre, également rapportées par l’AFP, le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,4 % sur l’année. Leur consommation progresserait encore de 0,3 %, en puisant dans l’épargne. L’investissement des entreprises diminuerait de 0,3 %, celui des ménages de 1,3 %, dans un contexte de crédit plus coûteux et de demande faible.
Le scénario reste sensible aux effets encore mal connus des canicules sur l’activité estivale et à l’évolution des tensions au Proche-Orient, qui pèsent sur les prix de l’énergie.
Des prévisions différentes selon les producteurs
Le lendemain, le 11 septembre, le gouvernement a annoncé à Bercy une croissance prévue de 0,5 % pour 2026 et un rebond à 1,0 % pour 2027. Pour 2026, son hypothèse dépasse donc celle de l’Insee de 0,1 point. Le chiffre de 1,0 % concerne l’année suivante et appartient au scénario gouvernemental.
Dans ses perspectives publiées le 14 octobre et modifiées le 20, l’IFE-OFCE retient pour sa part 0,4 % en 2026 et 0,5 % en 2027. Ses économistes décrivent les effets défavorables des prix de l’énergie, de la politique budgétaire et des conditions de financement. Cette estimation ultérieure provient d’un autre exercice de prévision.
Le PIB du troisième trimestre attendu le 30 octobre
Au 25 octobre, le tableau de bord de l’Insee daté du 22 octobre présente toujours les comptes du deuxième trimestre comme dernière mesure du PIB et annonce la prochaine parution pour le 30 octobre. Le résultat du troisième trimestre permettra de confronter les projections à une première estimation comptable.
Les publications d’octobre sur le climat des affaires et le PMI français apportent des signaux plus récents issus des enquêtes auprès des entreprises. Elles portent sur d’autres indicateurs que les comptes trimestriels du PIB.


