Le 21 septembre 2026, la Cour des comptes a présenté une note consacrée à la masse salariale de la fonction publique. Elle examine comment ralentir la hausse des dépenses de personnel, en combinant une baisse des effectifs et une progression encadrée des rémunérations. Ces pistes, exposées lors de la présentation rapportée par Le Monde, s’adressent aux décideurs publics ; la note ne modifie ni les traitements ni les règles de recrutement.
Des dépenses mesurées en 2024, des économies projetées en 2032
Le point de départ de la note de la Cour est une masse salariale de 362,1 milliards d’euros en 2024, cotisations employeurs comprises. Elle représente 21,7 % des dépenses publiques. Pour une contribution proportionnelle à ce poids dans l’effort de redressement étudié, la Cour calcule 17,4 milliards d’euros d’économies en année pleine 2032.
La synthèse situe l’effort global minimal autour de 20 milliards à cet horizon, en tenant compte des engagements déjà pris. Les gains sont évalués par rapport à la progression attendue des dépenses : contenir leur hausse peut dégager une économie de scénario tout en laissant la masse salariale augmenter. Weka détaille les leviers envisagés et leur adaptation aux différentes administrations.
Départs, point d’indice et carrières : plusieurs leviers
Un exemple donne l’échelle des simulations : ne pas remplacer la moitié des départs produirait, selon la Cour, une économie de 18,2 milliards d’euros en 2032, sur le champ de l’ensemble des agents publics. Les autres leviers portent sur la valeur du point d’indice, les revalorisations ciblées et le rythme des avancements. Chaque combinaison repose sur ses propres hypothèses.
Les besoins diffèrent entre l’État, les collectivités et les hôpitaux. Comme le relève Acteurs Publics, la Cour insiste sur l’attractivité des métiers et sur une progression des rémunérations. Elle propose notamment de mieux coordonner les employeurs, de fixer des trajectoires d’emploi sur plusieurs années et de renforcer le suivi des écarts aux prévisions.
Le budget 2027 ouvre un autre niveau de décision
Depuis la publication de la note, le gouvernement a déposé son projet de loi de finances pour 2027 le 1er octobre. Dans son exposé des motifs, il prévoit de maintenir le gel du point d’indice et de limiter fortement les mesures catégorielles pour l’État et ses opérateurs. Cette présentation du projet budgétaire porte sur 2027 ; les scénarios de la Cour se placent, eux, à l’horizon 2032.
Le débat concerne aussi les conditions de travail et les moyens des services publics. La mobilisation des agents du 29 septembre portait notamment sur les salaires et les effectifs. La répartition de l’effort entre administrations et les mesures applicables dépendent des arbitrages gouvernementaux et des textes adoptés.


