Le 13 octobre 2026, le gouvernement a diffusé une annexe au projet de budget 2027 détaillant la part des crédits ministériels liée aux retraites des fonctionnaires. Analysée notamment par Public Sénat le 16 octobre, cette présentation additionne les contributions de l’État employeur et les cotisations prélevées sur les traitements des agents. Elle rend plus visible un financement déjà inscrit dans les comptes, tout en relançant le débat sur son interprétation.

Ce que mesure le chiffre de 32 %

Pour l’Éducation nationale, le rapport retient 89,1 milliards d’euros de crédits prévisionnels en 2027. Il y identifie 25,1 milliards de contributions employeurs et 3,4 milliards de cotisations salariales : 28,5 milliards au total, soit environ 32 %. La part salariale est comprise dans la rémunération brute ; elle ne s’ajoute pas une seconde fois aux dépenses de personnel.

L’Intérieur atteint 30 %, contre environ 13 % pour l’ensemble des ministères. Ces proportions dépendent notamment de la place occupée par les fonctionnaires dans leurs effectifs et leurs dépenses. Elles portent sur le projet de budget, pas sur des dépenses déjà exécutées en 2027.

Un financement commun aux fonctionnaires de l’État

Les versements alimentent le compte d’affectation spéciale « Pensions », une partie du budget de l’État réservée au suivi des recettes et dépenses de pensions. Chaque ministère contribue en tant qu’employeur. Comme le précise Public Sénat, il ne paie pas pour autant les seules pensions de ses propres anciens agents.

Le régime conserve ainsi les anciens fonctionnaires de La Poste et d’Orange, tandis que les nouveaux salariés de ces entreprises cotisent au régime général. Le recours croissant aux contractuels, eux aussi affiliés au régime général, modifie également sa base de financement.

Une clarification comptable, sans économie automatique

La contribution employeur sert aussi à assurer l’équilibre du compte. Dans une analyse publiée en septembre 2025 par le Conseil d’analyse économique, Hélène Paris distingue une cotisation comparable à celle d’autres employeurs, le financement de solidarités et un apport d’équilibre. Présenter ces éléments sur des lignes séparées déplacerait des transferts internes à l’administration sans améliorer le solde public.

L’interprétation politique est discutée. Dans un entretien à Mediapart publié le 15 octobre 2026, l’économiste Philippe Askenazy juge biaisée l’assimilation de ce pourcentage aux pensions des retraités de l’Éducation nationale.

La finance pour tous rappelait encore le 22 octobre qu’une nouvelle présentation des comptes ne suffit pas à réduire la dépense réelle. Le rapport gouvernemental prévoit la poursuite de travaux techniques sur les contributions. Des crédits supplémentaires pour les classes ou d’autres services publics supposeraient une décision budgétaire : ils ne résultent pas du seul reclassement des versements de retraite.