Le 24 septembre 2026, une grève a mobilisé les salariés de SFR contre les garanties sociales proposées dans le projet de rachat de l’opérateur par Bouygues Telecom, Free et Orange. À l’appel de l’Unsa, de la CFDT et de la CFTC, les salariés ont cessé le travail l’après-midi et se sont rassemblés sur plusieurs sites.
Selon les chiffres recueillis par l’AFP, l’Unsa a revendiqué au moins 2 660 grévistes et la CFDT 3 500 parmi les 8 000 salariés concernés. La direction n’a pas communiqué de décompte à l’agence. À Paris, la journaliste de l’AFP a constaté entre 1 000 et 2 000 personnes devant le siège d’Altice France. Ce rassemblement ne correspond donc pas au total national des grévistes.
Arthur Dreyfuss, le PDG d’Altice France, est descendu à la rencontre des manifestants parisiens. Il a dit comprendre leur inquiétude, tout en défendant la prise en compte des enjeux sociaux par les acheteurs, rapporte Le Monde dans son reportage.
La garantie de 2029 ne règle pas tout
Le désaccord porte notamment sur le nombre de propositions de reclassement et les indemnités de départ. Les représentants du personnel réclament trois propositions de poste par personne pour les salariés non repris directement, contre une évoquée dans les négociations. La CFTC dénonce également l’insuffisance de l’accompagnement prévu pour les salariés touchés par l’opération.
Dans leur communiqué du 6 juin, les trois acheteurs se sont engagés à garantir un emploi aux salariés du périmètre repris jusqu’à début 2029, par le maintien de leur poste ou une proposition d’emploi. Ils mettent en avant le besoin de leurs compétences pour transférer les abonnés, les réseaux et les systèmes informatiques.
Une vente encore soumise à autorisation
Le protocole de juin fixe une valeur d’entreprise de référence de 20,35 milliards d’euros pour les actifs concernés, sous réserve d’ajustements de clôture. Ceux-ci incluent un complément de prix potentiel pouvant atteindre 650 millions d’euros. La signature de ce protocole ne vaut pas réalisation de la vente.
L’Autorité de la concurrence a confirmé en juillet qu’elle examinerait les trois opérations, distinctes mais liées entre elles. Dans sa FAQ mise à jour le 19 octobre, l’Arcep rappelle qu’elles doivent être autorisées avant de devenir effectives. Le régulateur situe un éventuel rachat au plus tôt à la fin de 2027, suivi d’une transition pour les abonnés.
Le référé doit être tranché le 26 octobre
Le 12 octobre, la CFDT et l’Unsa ont annoncé à l’AFP une reprise des discussions pour le vendredi 16, avec une nouvelle proposition attendue du consortium. Cette annonce intervenait après l’impasse de septembre ; elle ne valait pas accord social.
En parallèle, le comité social et économique central de SFR a défendu, le 24 septembre, un recours en référé contre Altice France et les trois acheteurs devant le tribunal judiciaire de Paris. Les élus demandent notamment davantage d’informations sur la cession. La décision est annoncée pour le 26 octobre. Une procédure au fond est également engagée, avec des audiences prévues début décembre.

