Le 14 octobre 2026, le service statistique du ministère de la Transition écologique a publié son bilan de la qualité de l’air extérieur pour 2025. Les concentrations annuelles de dioxyde d’azote, de particules PM10 et de particules fines PM2,5 ont légèrement augmenté par rapport à 2024. L’indicateur d’ozone portant sur les six mois les plus chargés a lui aussi progressé.
Le recul observé sur une longue période demeure pour la majorité des polluants. La présentation ministérielle insiste sur cette amélioration, tandis que Le Monde a mis en avant le rebond annuel. Les deux constats portent sur des échelles de temps différentes.
Les rejets et l’air respiré ne se mesurent pas de la même façon
Les émissions désignent les quantités rejetées par une activité ; les concentrations mesurent la présence d’un polluant dans l’air. Entre les deux interviennent les déplacements des masses d’air, leur dispersion et des réactions chimiques. Une baisse des rejets ne se traduit donc pas mécaniquement par une baisse identique de chaque concentration, chaque année.
Airparif avait relevé dès le 16 avril 2026 une légère dégradation en Île-de-France. L’association l’explique notamment par des conditions moins favorables à la dispersion après une année 2024 très pluvieuse. Pour les particules fines, un hiver moins doux et plus sec a aussi accru les émissions du chauffage. Cette explication régionale ne suffit pas à attribuer une cause unique à l’évolution nationale.
Dans le Grand Est, le bilan publié le 30 mars indiquait que l’air avait été bon ou moyen 79 % du temps en 2025, contre 80 % en 2024. ATMO Grand Est reliait également cette dégradation légère aux conditions hivernales et estivales.
Des dépassements locaux et six épisodes nationaux
Le bilan national recense quatre agglomérations dépassant les normes pour le dioxyde d’azote et une pour les PM10, des normes à respecter obligatoirement. Treize sont concernées pour l’ozone et une pour le nickel, qui relèvent de valeurs cibles à atteindre dans la mesure du possible. Ces décomptes se recoupent : au total, 18 agglomérations dépassent au moins une norme.
Ces résultats ne décrivent pas seulement des pics ponctuels. Le bilan distingue aussi six épisodes d’ampleur nationale dans l’Hexagone en 2025 : trois pour les PM10, en janvier, mars et novembre, et trois pour l’ozone, en juin et début juillet.
L’enjeu se prolonge avec le renforcement des limites réglementaires prévu pour 2030. Selon Airparif, un quart des Franciliens vivait en 2025 dans des zones dépassant ces futures limites, contre un cinquième en 2024. Respecter les seuils actuels et se préparer aux suivants constituent ainsi deux étapes distinctes.

