La France a conservé sa note souveraine Aa3 et sa perspective négative à l’issue de l’examen périodique de Moody’s, le vendredi 23 octobre 2026 au soir. Le communiqué du ministère de l’Économie et les comptes rendus de Reuters et de l’AFP concordent sur ce résultat.
L’AFP précise que l’agence s’est abstenue de toute action de notation. La note et son orientation restent donc celles qui précédaient ce rendez-vous : selon Reuters, la perspective était déjà négative depuis octobre 2025. L’absence de dégradation ne s’accompagne pas d’un retour à une perspective stable.
Le budget 2027 reste une hypothèse décisive
Dans le communiqué de Moody’s cité par Reuters, l’appréciation Aa3 repose sur plusieurs hypothèses : un budget réduisant le déficit doit être adopté pour 2027, tandis que les coûts de financement et les tensions sociales doivent s’atténuer dans les mois suivants. Ces évolutions attendues ne sont pas des résultats acquis.
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, interprète pour sa part le maintien de la note comme une reconnaissance de la solidité de l’économie et de la crédibilité du projet budgétaire du gouvernement. Dans son communiqué du 23 octobre, il réaffirme l’objectif de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027 et demande l’adoption du budget avant la fin de l’année.
Les projections ne se confondent toutefois pas : l’AFP rapporte que Moody’s prévoit un déficit de 5,2 % du PIB en 2027, après 5,4 % en 2026, en retenant une croissance un peu moins forte que celle envisagée par le gouvernement.
Les anticipations de baisse n’étaient pas une décision
Avant le verdict, une dégradation faisait partie des scénarios largement attendus. Interrogé par Euronews, Théophile Legrand, stratégiste taux chez Natixis, en avait fait son scénario central. Ce pronostic n’a pas été suivi par l’agence le 23 octobre.
Dans l’article publié par Euronews le 24 octobre, le même spécialiste souligne que la perspective négative laisse subsister le risque d’un abaissement. Le prochain enjeu demeure ainsi la capacité à adopter puis à appliquer un budget réduisant le déficit, au cœur des hypothèses exposées par Moody’s.

