Le 21 octobre 2026, Eurostat a publié les comptes de dette publique arrêtés à la fin du deuxième trimestre. La France affiche un ratio de 119,1 % du produit intérieur brut (PIB), contre 88,8 % pour la zone euro. Ce relevé décrit la situation au 30 juin, plusieurs mois avant sa publication.

La France présente le troisième ratio le plus élevé de l’Union européenne, après la Grèce, à 140,8 %, et l’Italie, à 139,9 %. L’agrégat des 27 États membres s’établit à 82,9 %. La zone euro compte, elle, 21 pays, dont la Bulgarie depuis le 1er janvier 2026.

Un encours, un ratio et un coût d’emprunt

En France, l’encours atteint 3 595,5 milliards d’euros. L’Insee avait déjà annoncé le 29 septembre une augmentation de 59,6 milliards depuis fin mars. Cette variation en euros mesure l’accroissement du stock ; la progression du ratio Eurostat, de 117,7 % à 119,1 %, s’exprime en points de PIB.

La dette de Maastricht couvre l’ensemble des administrations publiques : État et autres administrations centrales, collectivités et administrations de sécurité sociale. Elle est brute, évaluée à sa valeur nominale et consolidée pour éviter de compter les dettes entre administrations. Elle comprend les titres de dette, les prêts ainsi que le numéraire et les dépôts.

Pour calculer son ratio trimestriel, Eurostat rapporte le stock de fin de période au PIB cumulé des quatre derniers trimestres. Le dénominateur dépasse donc les seuls mois d’avril à juin.

Le financement de l’État obéit à une autre mesure : le taux auquel il emprunte lors de ses émissions de titres. Le ministère de l’Économie rappelle que ces emprunts servent à financer le déficit et à rembourser les titres arrivant à échéance. Les intérêts versés forment une charge budgétaire. Un ratio de dette de 119,1 % ne donne pas ce taux d’intérêt.

Des comparaisons qui tiennent compte des révisions

La publication de juillet évaluait encore le ratio de la zone euro à 88,9 % fin mars. Celle d’octobre ramène ce point de départ à 88,4 % : la hausse jusqu’à fin juin est donc de 0,4 point dans la série révisée. Les données des deux premiers trimestres 2026 restent provisoires.

Pour la France, l’Insee affichait 119,0 % dans sa publication de septembre, avec le même encours à l’arrondi. Son calcul utilise le cumul du PIB trimestriel corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrables. Les comparaisons européennes présentées ici suivent les ratios d’Eurostat dans sa publication d’octobre.

L’Insee rappelle aussi qu’une variation de dette ne permet pas de déduire directement le déficit public : les opérations sur les actifs financiers et certains passifs interviennent dans le passage de l’un à l’autre. La prochaine publication trimestrielle d’Eurostat est annoncée pour le 22 janvier 2027.