Le samedi 3 octobre 2026, des milliers de personnes ont marché de Gaillon vers le site Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, pour réclamer une sortie des pesticides. Dans son reportage sur place, l’AFP rapporte deux estimations : 8 000 participants pour la préfecture, 15 000 pour les organisateurs.
La mobilisation était appelée par la Confédération paysanne, Cancer Colère, le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest et les Soulèvements de la Terre. Dans son compte rendu du 4 octobre, le syndicat agricole décrit un cortège accompagné de tracteurs, réunissant paysans, personnes malades, soignants et militants associatifs.
Une mobilisation sur la santé, le revenu et le travail
Le choix d’un site industriel place la production des pesticides au centre de la contestation. Mais les demandes françaises de la campagne concernent aussi les conditions d’une transition agricole : accompagnement public des fermes vers l’agroécologie, prix minimum garantis couvrant les coûts de production et protection des captages d’eau.
Les organisateurs réclament également une reconnaissance plus large des maladies professionnelles des travailleurs agricoles et des réparations. Pour les salariés de l’agrochimie, ils demandent une protection sociale et un accompagnement à la reconversion des activités. Ces exigences associent donc le changement des pratiques agricoles à l’avenir des emplois industriels.
Ce rapprochement s’était préparé en amont. Dans le reportage de Grand Format réalisé avec Basta, Vincent Pochon, secrétaire national de Sud Chimie et élu du personnel chez EuroApi, sur un autre site industriel, défend des échanges entre travailleurs de la chimie, agriculteurs et riverains. Il présente la reconversion des productions comme un enjeu syndical.
La maladie au cœur des prises de parole
La maladie occupe une place visible dans le cortège. RTL a recueilli les propos d’une participante en rémission d’un cancer de l’œil, qui met en cause les pesticides, et d’un agriculteur inquiet pour ses collègues qui les utilisent. Ces prises de parole portent une demande de protection et de reconnaissance.
L’origine des cancers individuels évoqués et leur lien avec l’activité de l’usine restent non établis. À l’AFP, un participant venu en mémoire d’une amie décédée précisait qu’aucune cause de son cancer n’avait été identifiée.
Syngenta défend sa production, Phyteis soutient les salariés
Syngenta a contesté le bien-fondé du rassemblement auprès de l’AFP. Le groupe affirmait que 70 % de la production du site pouvait être utilisée en agriculture biologique. Il annonçait un arrêt de sécurité depuis le vendredi 2 octobre au matin, sans date de reprise.
Dans son communiqué du 3 octobre, l’organisation professionnelle Phyteis a soutenu les salariés et défendu le maintien des capacités de production et d’innovation en France. Elle décrit un site de formulation et de conditionnement de produits de protection des plantes, soumis à une autorisation préfectorale et à des contrôles.
Des heurts finaux et une campagne qui se poursuit
L’AFP a constaté des heurts finaux et des tirs de gaz lacrymogène par les gendarmes, sans en préciser les circonstances. Le récit du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, publié le 18 octobre, décrit pour sa part une mobilisation non violente.
Dans ce bilan, le collectif inscrit le 3 octobre dans la poursuite de la mobilisation contre le projet européen dit « omnibus pesticides ».

