Le 14 octobre 2026, devant la commission du développement durable du Sénat, Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, a réclamé des moyens supplémentaires pour protéger les captages d’eau potable. Deux jours après la réunion du groupe national captages, le financement de la réforme et l’accompagnement des agriculteurs concentraient les inquiétudes des acteurs locaux.
Des estimations et des calendriers différents
Selon un document gouvernemental consulté par Agra Presse, présenté à la réunion du 12 octobre, la réforme représenterait de 400 à 650 millions d’euros par an. Le journal fait état de 210 millions annuels déjà mobilisés. Les pistes supplémentaires comprennent les agences de l’eau, les fonds européens et une révision du prix de l’eau au-delà de 2027.
Les dépenses envisagées couvrent plusieurs tâches : délimiter les aires qui alimentent les points de prélèvement, organiser les actions locales et aider les exploitations à changer leurs pratiques. Selon Agra, les frais de délimitation sont envisagés sur trois ans ; l’accompagnement agricole doit monter progressivement sur cinq ou huit ans, selon les zones.
Au Sénat, Nicolas Garnier a défendu un besoin d’au moins un milliard d’euros dès 2027, en évoquant à la fois l’accompagnement agricole et les traitements. Ce chiffrage porté par Amorce ne constitue pas une enveloppe accordée par l’État.
Prévenir la pollution et répartir la facture
Dans leur courrier au Premier ministre diffusé début octobre, six associations de collectivités réclament des ressources durables et une intervention de l’État sur les sources de pollution agricoles et industrielles. Elles demandent aussi de préserver les financements des actions préventives déjà engagées, même lorsqu’un captage change de classement.
Le classement détermine notamment qui doit intervenir. Localtis décrit un projet distinguant les points exonérés, ceux nécessitant une action des collectivités et les captages prioritaires, où une intervention renforcée de l’État est prévue. Le débat concerne donc autant les zones protégées que la répartition des dépenses.
Pour les ménages, les associations redoutent que prévention et dépollution reposent sur la seule facture d’eau. Pour les exploitations, la transition suppose un accompagnement : à l’audition, Stéphanie Fayard, vice-présidente de Loire Forez agglomération, a insisté sur la nécessité de leviers financiers pour travailler avec les agriculteurs.
Le projet de décret reste en consultation
Le 21 octobre, l’Association des petites villes de France indiquait que la consultation publique se poursuivait jusqu’au 6 novembre 2026. Elle demandait un partage clair des responsabilités, des moyens techniques et des financements adaptés pour permettre aux collectivités de protéger durablement leur ressource en eau.
