Le 19 septembre 2026, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé sur franceinfo que le gouvernement entendait geler les aides au logement en 2027. Il a assuré qu’elles ne seraient pas diminuées, mais qu’elles ne suivraient pas la hausse des prix. Au 25 octobre, cette orientation figure dans un projet de budget encore débattu au Parlement.

Le ministre a défendu un effort réparti entre plusieurs dépenses publiques, afin de dégager des moyens pour d’autres dispositifs, notamment l’accession à la propriété. Son annonce portait sur une absence de revalorisation, sans annoncer de réduction forfaitaire des aides.

Une révision du barème suspendue pour 2027

Déposé le 1er octobre, l’article 74 du projet de loi de finances prévoit de ne pas appliquer en 2027 la révision prévue par l’article L. 823-4 du code de la construction et de l’habitation. Il conserve la possibilité de rétablir cette révision par décret. Le gel porte sur les paramètres de dépenses de logement, habituellement révisés au 1er octobre selon l’indice de référence des loyers.

Le 1er octobre, dans un entretien à Sud Radio, Vincent Jeanbrun a situé la mesure au 1er octobre 2027. La présentation de Bercy, publiée le 7 octobre, décrit elle aussi un gel exceptionnel de ces paramètres, qui reste susceptible d’être modifié pendant les débats.

Les aides personnelles au logement regroupent trois prestations : l’aide personnalisée au logement, dite APL, l’allocation de logement familiale et l’allocation de logement sociale. Le dispositif proposé concerne ce cadre commun ; il ne se limite pas à l’APL prise dans son sens strict.

Un barème gelé ne fige pas chaque mensualité

Le montant effectivement versé dépend notamment des ressources, de la composition du foyer et du logement. Service Public rappelle que les revenus pris en compte sont actualisés tous les trois mois et qu’un changement de situation familiale ou professionnelle peut modifier l’APL. L’absence de revalorisation annuelle ne garantirait donc pas à chaque allocataire le maintien exact de sa mensualité.

Dans Le Monde du 22 septembre, Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale de l’habitat, conteste l’effort demandé aux bénéficiaires. L’économiste Pierre Madec alerte sur une hausse de la part du budget que les ménages modestes consacrent à se loger.

Une décision encore liée au débat budgétaire

Pour la partie logement, l’exposé des motifs du texte initial estime à 101 millions d’euros la moindre progression des dépenses de l’État en 2027. Il s’agit d’une prévision du gouvernement, distincte de celle qu’il présente pour la prime d’activité, également visée par l’article 74.

Au 25 octobre, le dossier parlementaire situe le projet de loi de finances en première lecture à l’Assemblée nationale. Le gel annoncé en septembre reste soumis au parcours budgétaire. Son adoption et ses modalités définitives conditionneraient l’absence de revalorisation en octobre 2027.