Les chaleurs, la sécheresse et les incendies de l'été 2026 auraient coûté environ 16 milliards d'euros au pays. Le 5 octobre, Éric Coquerel, député LFI-NFP et président de la commission des finances, a présenté à cette commission les conclusions d'une mission flash dont il était rapporteur. Ce montant reste un ordre de grandeur provisoire.

Le périmètre dépasse les seules interventions contre les incendies. Le chiffrage rassemble des effets sur la production, des dépenses engagées par les acteurs publics et des pertes supportées par les ménages ou les entreprises.

Plusieurs coûts réunis dans un même chiffrage

La communication parlementaire distingue ces catégories. Elle reprend notamment une estimation de l'Insee et de la direction générale du Trésor : les événements climatiques auraient retiré 0,1 point à la croissance, soit environ 3 milliards d'euros de production. Cette perte d'activité constitue une composante du total.

Les autres postes portent sur des charges et des dégâts concrets : soins supplémentaires, lutte contre les feux, soutien à l'agriculture, dépenses des ménages ou dégradation de biens. Les pertes agricoles occupent une place importante, avec des évaluations transmises par les organisations professionnelles. Le montant global décrit ainsi un coût économique réparti entre plusieurs acteurs.

Une estimation encore provisoire

Dans son compte rendu de la présentation, LCP souligne les réserves méthodologiques liées à la diversité des coûts et au risque de doubles comptes. Les données disponibles couvrent des pertes de revenus, des dépenses et des atteintes au patrimoine, dont l'évaluation n'est pas toujours stabilisée.

Départements de France, qui a été auditionné, indique de son côté que de nombreux acteurs publics ont eu du mal à évaluer leurs charges dans les délais de la mission. Le rapporteur préconise notamment un suivi annuel par l'Insee, ainsi que des recherches sur les conséquences de la chaleur encore mal mesurées.

Des propositions entrées dans le débat budgétaire

Les 45 recommandations concernent aussi la prévention des feux et l'adaptation des logements, des écoles ou des établissements de santé. Leur financement a commencé à être discuté au Parlement.

Lors de la séance du 16 octobre, Éric Coquerel a défendu un relèvement du plafond du Livret A à 30 000 euros pour soutenir notamment l'adaptation du logement social aux fortes chaleurs. Le ministre des comptes publics, David Amiel, a estimé que les besoins de financement devaient d'abord être précisés et a donné un avis défavorable. Les amendements concernés ont été rejetés, y compris leur version de repli.

Le 21 octobre, Départements de France a salué les moyens supplémentaires proposés pour les services d'incendie et de secours, tout en demandant qu'ils transitent par les départements. L'association défend également un accompagnement départemental des sinistrés. Ces prises de position portent sur les suites à donner au rapport, avec des choix de financement qui restent distincts du chiffrage des dommages de l'été.