Le 22 octobre 2026, la Banque de France a présenté des travaux de Skander Maraoui et Olivier de Bandt sur la chaleur et le financement des petites entreprises. Leur document de travail avait été publié le 18 juin, puis sa page mise à jour le 24 septembre. L’étude concerne des microentreprises et PME de France hexagonale disposant d’un seul établissement.

Les encours bancaires de 2010 à 2023 sont rapprochés des températures locales de Météo-France. Calculer leur variation annuelle fait commencer les estimations en 2011. L’été 2026, cité en ouverture du billet, sert donc de contexte récent.

Deux expositions aux effets différents

Le risque aigu est mesuré par le nombre de journées où la température atteint au moins 35 °C. Le risque chronique repose sur la température moyenne annuelle, comparée à la référence locale de 1976-2005.

Pour les 10 % de déviations les plus fortes, le billet rapporte une croissance du crédit inférieure d’environ 4,4 points de pourcentage après une exposition aiguë et de 5,2 points après une exposition chronique. Les effets peuvent persister respectivement jusqu’à cinq et huit ans. Ces durées sont des résultats statistiques historiques, avec des intervalles de confiance.

Ces chiffres mesurent un écart de croissance des encours par rapport aux entreprises de comparaison. Une croissance plus faible peut encore correspondre à un encours qui augmente : elle ne donne pas, à elle seule, le montant de crédit perdu par une entreprise.

Un échantillon et une interprétation délimités

Les auteurs cherchent à distinguer l’offre bancaire de la demande de financement en comparant des entreprises similaires par activité, localisation et taille à une même date. Cette interprétation repose sur les hypothèses du modèle. L’agriculture et la finance sont notamment exclues de l’échantillon.

Un autre travail, signé Sandra Aguilar-Gomez et quatre coauteurs en 2024, étudie les prêts aux entreprises au Mexique entre 2010 et 2019. Il relève davantage d’impayés après des chaleurs inhabituelles, surtout dans l’agriculture, ainsi qu’un accès au crédit plus difficile. Ce contexte et cette population diffèrent du cas français.

Pour le financement de l’adaptation, le billet français laisse une question ouverte : des investissements supplémentaires pourraient atténuer l’effet net négatif observé sur la période étudiée.