Le 19 octobre 2026, après les violences et pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre en France, Gabriel Attal a demandé sur RTL de pouvoir bloquer temporairement certains réseaux sociaux dans les territoires touchés par des émeutes. L’ancien Premier ministre, candidat Renaissance à la présidentielle, présente cette suspension comme un moyen de limiter l’organisation de rassemblements violents et les comportements d’imitation.
Dans l’entretien, il conditionne l’usage de cet outil à la poursuite du mouvement et au rôle des plateformes dans les violences. Son site de campagne reprend cette proposition le 20 octobre, à la suite de son passage sur BFMTV. La durée précise, les plateformes concernées et les modalités techniques d’un éventuel blocage local restent à définir.
Le précédent TikTok impose davantage qu’une durée limitée
Gabriel Attal invoque la suspension de TikTok décidée lorsqu’il était à Matignon. L’accès avait été interrompu en Nouvelle-Calédonie du 15 au 29 mai 2024. Le Conseil d’État a annulé cette décision le 1er avril 2025.
La juridiction reconnaît qu’une interruption peut être légale dans des circonstances exceptionnelles, lorsqu’elle est indispensable et qu’aucune solution technique moins attentatoire aux libertés n’est immédiatement disponible. Sa durée doit se limiter au temps nécessaire pour rechercher et mettre en place ces alternatives.
Dans le cas calédonien, la coupure totale avait été décidée sans échéance déterminée, en la reliant à la persistance des troubles, sans conditionner son maintien à l’absence d’alternative. Le Conseil d’État cite notamment la restriction de certaines fonctionnalités parmi les options à rechercher.
Pour la métropole, le droit européen constitue aussi une contrainte. Interrogé par 20 Minutes le 22 octobre, l’avocat du numérique Alexandre Archambault décrit le blocage comme un dernier recours, en soulignant les exigences du règlement européen sur les services numériques.
L’information et les échanges seraient aussi concernés
Le débat dépasse la circulation d’appels à la violence. Dans Public Sénat le 19 octobre, la chercheuse Laurence Allard rappelle que les plateformes servent aussi à mobiliser, à exprimer des revendications et à documenter les événements. Une interruption du service toucherait donc des utilisateurs étrangers aux pillages.
Le sénateur socialiste Mickaël Vallet envisage une suspension face à des appels explicites à la violence, sous réserve d’un cadre précis et proportionné. La sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly défend plutôt une action sur les fonctionnalités et les algorithmes de recommandation. Ces positions distinguent la restriction d’un service entier du traitement de contenus ou de mécanismes particuliers.
La réponse gouvernementale annoncée vise les signalements
Au 24 octobre, la suite annoncée par le gouvernement porte sur une coopération renforcée avec les plateformes. Le communiqué publié le 23 octobre fait état d’une réunion à Matignon le 21 avec Meta, Snap, TikTok, Reddit, Discord et Google.
L’exécutif décrit un dispositif opérationnel depuis le 22 octobre : une équipe du ministère de l’Intérieur adossée à PHAROS centralise les signalements prioritaires, que les plateformes doivent examiner plus rapidement. Cette réponse, présentée comme prise à droit constant, concerne notamment les appels à la violence et les suspensions de comptes. Elle ne constitue pas l’adoption du blocage territorial demandé par Gabriel Attal.


