Le 13 octobre 2026, les groupes socialiste, communiste et écologiste du Sénat ont annoncé un refus commun de coopération avec les élus du RN et de ses alliés. Dans un communiqué commun, publié notamment sur le site du groupe communiste et rapporté par Public Sénat, ils demandent aux autres groupes, particulièrement à la majorité de droite, d’adopter la même conduite.

Les engagements portent sur les cosignatures de textes et d’amendements, le vote des initiatives du groupe RN-UDR et le soutien à son travail parlementaire. Les trois formations présentent cette ligne comme un moyen de combattre la normalisation de l’extrême droite.

Quinze sénateurs dans un nouveau groupe

Le groupe visé s’appelle Union nationale pour les territoires. La liste officielle du Sénat comporte quinze membres, sous la présidence d’Edwige Diaz. Sa déclaration politique associe le Rassemblement national, présidé par Jordan Bardella, et l’Union des droites pour la République d’Éric Ciotti. Il s’est déclaré groupe d’opposition après les élections sénatoriales du 27 septembre 2026.

La formation de ce groupe n’a pas renversé la majorité de la chambre. Dans une analyse publiée le 12 octobre par la Chaire d’études parlementaires, le docteur en droit public Abel Hermel relève que la droite et le centre conservent ensemble 187 sièges, contre 189 auparavant. Ce rapport de forces éclaire l’appel adressé à la majorité : le RN ne dispose pas, à lui seul, des voix nécessaires pour faire adopter ses initiatives.

Des droits parlementaires et des choix de vote

Le règlement du Sénat autorise les sénateurs à constituer des groupes par affinités politiques et fixe leur seuil à dix membres. La constitution d’un groupe passe par la remise de sa liste à la présidence du Sénat ; elle ne dépend pas d’une approbation des autres formations. Le cordon sanitaire demandé porte donc sur les choix de coopération et de vote.

Ces choix faisaient déjà débat avant le communiqué. Le 28 septembre, le sénateur RN Joshua Hochart disait à Public Sénat compter sur des soutiens de droite et du centre sur certains textes. La sénatrice LR Sophie Primas contestait, elle, le principe d’un cordon sanitaire. Ces prises de position précèdent l’engagement commun du 13 octobre ; elles ne constituent pas une réponse à ce texte.