Le verdict rendu le 25 septembre 2026 dans l’affaire Federico Martín Aramburú est contesté en appel. La cour d’assises de Paris avait condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion criminelle pour meurtre et Romain Bouvier à 19 ans pour tentative de meurtre. Leurs recours, engagés début octobre, rendent ces condamnations non définitives.

L’ancien international argentin de rugby avait été tué par balles le 19 mars 2022, boulevard Saint-Germain à Paris, après une altercation dans une brasserie. Le procès s’est achevé après trois semaines de débats, comme le rapporte le récit d’audience de Rugbyrama.

La préméditation écartée, l’intention de tuer retenue

La qualification constituait un enjeu central du procès. Selon le compte rendu de Marianne, la cour n’a pas considéré comme démontrée une concertation préalable entre les deux hommes. Elle a écarté l’assassinat et la tentative d’assassinat, tout en retenant le meurtre et la tentative de meurtre.

Ces deux questions sont distinctes. Dans son analyse juridique, Simon Husser, maître de conférences, explique que la préméditation suppose une décision de commettre le crime formée avant l’action. Son absence n’exclut pas une intention de tuer au moment des tirs, que la cour a retenue en première instance.

Le 23 septembre, l’avocat général Philippe Courroye avait demandé 27 ans de réclusion contre Le Priol et 20 ans contre Bouvier, en soutenant la préméditation, selon Le Monde. Ces réquisitions exposaient la position de l’accusation ; les peines prononcées deux jours plus tard sont celles de la cour.

La défense, qui contestait la préméditation, n’a toutefois pas obtenu que l’intention homicide de Bouvier soit écartée ni que l’altération du discernement de Le Priol soit retenue, rapporte le compte rendu du verdict du Monde.

Deux appels début octobre

Romain Bouvier a interjeté appel le 2 octobre. Loïk Le Priol l’a fait le lundi 5 octobre au matin, a révélé Marianne. Le Parisien a confirmé cette information auprès d’une source proche du dossier, en rappelant le recours déjà engagé par Bouvier.

L’affaire entre ainsi dans une nouvelle étape judiciaire. Le ministère de la Justice rappelle qu’un appel permet de faire juger une affaire une deuxième fois et que la présomption d’innocence demeure jusqu’à une condamnation définitive. Les décisions du 25 septembre doivent donc être lues comme celles d’un premier procès, contestées par les deux accusés.