Le Parlement européen a attribué le 22 octobre 2026 son prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à la Cour pénale internationale (CPI) et à ses responsables, collectivement. Sa présidente, Roberta Metsola, l’a annoncé dans l’hémicycle de Strasbourg. La distinction intervient treize jours après des sanctions américaines visant l’institution elle-même.
Roberta Metsola a présenté ce choix comme une reconnaissance du travail de la Cour pour faire respecter le droit international et la justice. La candidature avait été déposée par le groupe des Socialistes et Démocrates. Le lauréat a été choisi par la Conférence des présidents, qui rassemble la présidente du Parlement et les dirigeants des groupes politiques, rapporte Agence Europe.
Une distinction pour une juridiction sous sanctions
Installée à La Haye, aux Pays-Bas, la CPI enquête sur des personnes soupçonnées de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre ou de crime d’agression, dans le cadre de ses compétences. Régie par le Statut de Rome, elle intervient en complément des juridictions nationales. Le prix met en lumière son activité judiciaire et les personnes qui l’exercent.
L’enjeu dépasse la reconnaissance honorifique. Un avis du département d’État américain, publié au Federal Register le 23 octobre, confirme l’inscription de la CPI sur la liste américaine des personnes et entités sanctionnées à compter du 9 octobre 2026. Il prévoit le blocage des biens et intérêts patrimoniaux relevant de la juridiction des États-Unis. Cette mesure contre la Cour s’ajoute à celles qui visaient déjà des responsables.
La protection de la Cour reste un autre chantier européen
Les eurodéputés ont demandé à plusieurs reprises à la Commission européenne d’activer le règlement dit de blocage pour protéger la CPI et ses agents contre les effets extraterritoriaux des sanctions. Le 19 octobre, la Commission indiquait examiner les mesures possibles avec les États membres, sans annoncer de date d’activation ni garantir qu’elle aurait lieu. Le 22 octobre, le Parlement a renouvelé dans son communiqué le rappel de cette demande.
Le prix apporte donc un soutien politique au travail de la CPI. Les mesures permettant à la Cour de poursuivre ses activités face aux sanctions relèvent de décisions supplémentaires des institutions européennes.
Créé en 1988, le prix Sakharov distingue chaque année des personnes ou des organisations défendant les droits fondamentaux, la démocratie ou l’État de droit. La remise de l’édition 2026 est prévue en décembre à Strasbourg, au cours d’une session plénière du Parlement.
