Le 15 septembre 2026, des policiers ont marché dans Paris à l’appel d’Alliance Police Nationale pour demander de meilleures rémunérations et conditions de travail. Parti des Champs-Élysées, le cortège a rejoint les abords de l’Assemblée nationale. Cette mobilisation a ensuite laissé place à des actions locales, baptisées « gilets bleus » par le syndicat.

Dans son appel publié le 13 septembre, Alliance avait fixé rendez-vous à 11 h 30 au rond-point des Champs-Élysées–Marcel-Dassault. Il s’adressait aux policiers mais aussi aux personnels administratifs, techniques et scientifiques et aux agents des préfectures.

Des revendications salariales et des chiffres d’affluence différents

Les manifestants réclamaient notamment une hausse de l’indemnité de sujétions spéciales de police, l’ISSP, couramment appelée prime de risque. Euronews rapporte qu’Alliance chiffrait les moyens supplémentaires demandés à 300 à 500 millions d’euros par an. Cette estimation exprimait une revendication syndicale, sans constituer une enveloppe accordée.

La mobilisation portait aussi sur les carrières et les effectifs. La police technique et scientifique réclamait un statut propre, selon Luna Debbiche, déléguée nationale adjointe citée par l’AFP. Ces demandes dépassaient donc la seule prime des personnels actifs.

L’ampleur du rassemblement est décrite différemment selon les sources. Euronews évoque plusieurs centaines de fonctionnaires, tandis que le compte rendu de l’AFP parle de plusieurs milliers. La dépêche attribue les 10 000 participants annoncés à Yoann Maras, délégué national d’Alliance. Ce dernier chiffre est celui de l’organisateur.

Deux réunions au ministère en septembre

Le jour du défilé, Alliance a annoncé avoir été reçu par Laurent Nuñez. Selon le syndicat, le ministre de l’Intérieur demandait quelques jours de réflexion avant ses annonces. L’organisation prévoyait alors de poursuivre la mobilisation sous le nom de « gilets bleus ».

Le 24 septembre, Alliance, Un1té et l’UNSA Police ont de nouveau rencontré le ministre. Actu17 rapporte leur déception à la sortie de la réunion et l’absence de nouvelle mesure annoncée ce jour-là. Linda Kebbab, secrétaire nationale d’Un1té interrogée par le média, demandait que les engagements trouvent une traduction dans le projet de budget.

Des actions locales et un débat budgétaire plus large

Les actions ont effectivement continué : le 1er octobre, Le Progrès a décrit un rassemblement à Prévessin-Moëns, au poste frontière où siège la Police aux frontières de l’Ain. Le journal mentionne une distribution de tracts sans blocage.

Le 7 octobre, devant la commission des finances du Sénat, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a présenté une hausse prévue d’un milliard d’euros des moyens du ministère de l’Intérieur en 2027. Il s’agissait alors du projet de budget, sur un périmètre ministériel plus large que les demandes salariales d’Alliance : cette annonce ne valait pas un accord sur la prime de risque.

Le lendemain, 8 octobre, la section Alliance d’Ariège déclarait boycotter les réunions de dialogue social, en reliant cette décision au défilé du 15 septembre et aux actions des « gilets bleus ». Ses représentants dénonçaient encore le manque d’effectifs et de moyens.