Le 8 septembre 2026, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié les résultats de PISA 2025. En France, les élèves de 15 ans obtiennent 458 points en mathématiques et 456 en compréhension de l’écrit, soit des reculs respectifs de 16 et 18 points depuis 2022, selon la note de la DEPP, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale.

En sciences, le score passe de 487 à 483 points. Cette différence n’est pas statistiquement significative : la note pays de l’OCDE décrit des résultats à peu près équivalents à ceux de 2022. Dans les trois disciplines, les performances françaises restent proches de la moyenne de l’organisation.

Une enquête sur les compétences, au-delà des programmes

PISA mesure la capacité à utiliser ses connaissances pour résoudre des problèmes et comprendre des situations concrètes. En 2025, les sciences constituaient le domaine principal de l’évaluation. En France, 6 501 élèves de 289 établissements ont participé ; cet échantillon représente environ 768 200 élèves scolarisés, soit 88 % de l’ensemble des jeunes de cet âge.

La dégradation en lecture se traduit aussi par davantage d’élèves sous le niveau 2, seuil de compétence de base : leur part atteint 33 % en 2025, après 27 % en 2022. La DEPP classe ces élèves comme étant en difficulté pour mobiliser la lecture dans des situations pratiques.

Les questionnaires décrivent également les conditions d’enseignement. En 2025, 45 % des élèves français fréquentaient un établissement dont le chef estimait l’enseignement affecté, au moins en partie, par un manque de professeurs, contre 67 % en 2022, indique le document OCDE. Il s’agit d’un manque perçu, mesuré à travers les déclarations des responsables d’établissement.

Des lectures politiques différentes, des objectifs pour 2029

Dans les réactions recueillies par Public Sénat le 8 septembre, le sénateur LR Max Brisson estime que les difficultés dépassent la succession des responsables politiques : « Les ministres passent et le système demeure ». La sénatrice socialiste Colombe Brossel juge les résultats inquiétants, tout en refusant de faire de PISA le bilan d’une seule politique.

Dans sa réponse officielle du même jour, le ministère met notamment en cause les usages récréatifs du numérique et le recul du suivi familial. Ce diagnostic relève de son interprétation des résultats. Les associations observées dans une enquête ne suffisent pas à isoler l’effet causal d’un écran ou d’une réforme sur les performances.

Le ministère fixe un objectif de progression de 20 points d’ici le cycle PISA 2029 et veut dépasser alors la moyenne de l’OCDE. Il annonce aussi qu’au retour des vacances de la Toussaint 2026, les familles recevront une page présentant les objectifs d’apprentissage de l’année de leur enfant. Ce calendrier concerne les prochaines étapes de sa réponse ; les épreuves de cette édition avaient eu lieu en 2025.

En octobre, un diagnostic également européen

Le 7 octobre, la Commission européenne a publié une analyse des résultats dans l’Union. Elle constate un recul persistant des compétences de base et un éloignement de l’objectif européen pour 2030 : ramener sous 15 % la proportion d’élèves en difficulté en lecture, mathématiques et sciences.

La Commission annonce un prochain ensemble de mesures sur l’éducation, destiné à soutenir les enseignants et les compétences de base. Cette analyse prolonge le diagnostic de septembre ; elle ne constitue pas une nouvelle évaluation des élèves français après les annonces ministérielles.