Le lundi 28 septembre 2026, au centre des congrès Robert Schuman de Metz, Léon XIV a défendu le dialogue comme moyen de construire la paix en Europe. Le pape s’exprimait devant Emmanuel Macron, des dirigeants européens et des responsables religieux, pour la dernière journée de son voyage en France. Public Sénat relate cette rencontre, organisée après une séquence interreligieuse.
Les deux interventions ont pris appui sur Robert Schuman et la réconciliation européenne. Dans le texte publié par l’Élysée, Emmanuel Macron rappelle la méthode proposée en mai 1950 : mettre en commun le charbon et l’acier, utilisés auparavant pour la guerre, afin de créer une solidarité entre les nations.
Héritage chrétien et accueil des migrants
Dans son discours européen, Léon XIV rattache les valeurs du continent à son héritage chrétien, qu’il associe à l’ouverture aux autres cultures. Sur les migrations, il demande des voies légales et sûres, le secours aux personnes, la lutte contre les trafiquants et des parcours d’accueil et d’intégration. Il appelle aussi à permettre aux personnes de vivre dignement dans leur pays d’origine.
Le pape défend une coopération des autorités avec les Églises, respectueuse de leur autonomie et de leur liberté. Cette position exprime sa conception de la laïcité et du rôle public de la religion.
Il invoque l’article 17 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. La Commission européenne rappelle que ce texte donne une base juridique au dialogue des institutions européennes avec les Églises, mais aussi avec les organisations philosophiques et non confessionnelles.
Deux lectures de la sécurité européenne
Sur la guerre, Léon XIV privilégie la négociation et met en garde contre « l’illusion du réarmement ». Il précise toutefois que rechercher la paix ne signifie pas ignorer les dangers. Son propos articule le dialogue, le respect du droit international et la mise en commun des ressources pour prévenir les conflits.
Emmanuel Macron place, lui aussi, la paix au centre de son intervention publiée par l’Élysée. Il la relie au soutien à l’Ukraine face à l’agression russe et à la construction d’une Europe de la défense. Il défend une souveraineté européenne passant également par l’investissement, la production et la maîtrise des technologies. L’hommage commun à Schuman accompagne ainsi des priorités différentes sur les moyens d’assurer la sécurité du continent.
Dans le vol de retour, un rôle public revendiqué
Le même jour, interrogé par Xavier Normand, du Pèlerin, dans l’avion reliant Metz à Rome, Léon XIV affirme ne pas avoir franchi la séparation entre l’Église et la politique, selon la conception qu’en a l’Église. Il explique ses prises de parole sur la protection de la vie par l’enseignement de l’Évangile et assure ne pas avoir voulu s’impliquer dans la politique française.
Questionné ensuite sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, il maintient son appel à réunir les dirigeants autour de négociations. Il reconnaît que l’Église ne peut contraindre les parties : son action, dit-il, consiste à continuer de parler et d’inviter au dialogue.
