Le discours de Jordan Bardella a été interrompu dimanche 25 octobre 2026 dans la salle CO’Met, à Orléans, au second jour du congrès du Rassemblement national. Des opposants ont pénétré dans la salle, ont constaté sur place les journalistes de France Inter et de franceinfo. Marine Le Pen a ensuite pris la parole dans un discours présenté comme le lancement de sa campagne présidentielle, sur le thème de la « renaissance ». Ce meeting n’est ni la réélection de Jordan Bardella samedi, ni la manifestation d’opposants dispersée la veille.
Quatre personnes sorties de la salle
Le Journal du Centre, dans un article de Dimitri Crozet mis à jour à 17 h 03, décrit quatre personnes, deux hommes et deux femmes, qui commençaient à sortir une banderole. Elles ont été bousculées par des spectateurs, puis évacuées par le service d’ordre du parti, sous les huées. L’une des jeunes femmes a crié : « Vous êtes un danger pour la France ». L’un des hommes est sorti le nez en sang. Jordan Bardella a déclaré : « Ne faites pas de publicité à l’ultra-gauche, qui déteste la démocratie », avant d’entonner La Marseillaise.
Le Parisien, dans son direct modifié à 17 h 07, situe l’interruption dans une tribune à la droite de Jordan Bardella. Le journal rapporte la même injonction, avec la graphie « ultragauche » et sans la virgule. Au premier récit de l’incident, il écrivait encore que les détails restaient flous. La République du Centre, citée par ce direct pour le nez en sang et le nombre de personnes, appartient au même groupe que Le Journal du Centre : ce n’est pas une seconde observation.
L’UEJF revendique, le RN annonce une plainte
L’Union des étudiants juifs de France revendique l’action. Dans un message sur X reproduit par Le Parisien à 17 h 05, elle écrit : « N’en déplaise à Bardella ce n’était pas l’ultragauche mais bien l’Union des Étudiants Juifs de France qui étaient la pour dénoncer ses propos antisémites ». Un message antérieur, repris à 16 h 19, affirme que ses militants ont brandi une banderole pour « rappeler l’antisémitisme et le racisme de ce parti », et qu’ils ont été « agressés » puis « sortis très violemment par la DPS et les militants du RN ». Ce sont les termes de l’organisation. franceinfo indique aussi cette revendication.
Selon le Rassemblement national, dans un ajout du Journal du Centre horodaté 17 h 02, deux agents du service d’ordre ont été blessés et auraient reçu des coups. Le parti et ces agents annoncent une plainte. L’article ne joint ni certificat ni procès-verbal. La plainte elle-même n’était pas enregistrée dans les pages consultées.
Un journaliste de Mediapart dit avoir été expulsé
Un journaliste de Mediapart a raconté au Parisien, sous la signature d’Alexandre Sulzer à Orléans, s’être « fait sortir violemment par le DPS », avoir été « poussé dans les escaliers », puis s’être entendu dire « retourner au bled » par une militante. Le même récit évoque un journaliste de Politis qui se serait fait voler son téléphone. Le RN dément. L’équipe de Mediapart a quitté les lieux en estimant que sa sécurité « n’est pas assurée ». Il s’agit du récit transmis au journal et du démenti du parti, pas d’une constatation judiciaire.
Marine Le Pen parle de renaissance, sans texte publié
Marine Le Pen a parlé depuis la tribune de « la Renaissance pour la France ». Le Parisien lui attribue cette phrase : « La Renaissance, ce n'est pas la copie du passé, je ne vous propose pas de refaire la France d'avant, je vous propose de concevoir et de construire la France de demain ». Le journal ajoute qu’elle présente la Renaissance comme « une méthode, pas une rupture brutale et encore moins une révolution destructrice », devant quelque 8 500 spectateurs selon les organisateurs. Ce nombre n’est pas un décompte indépendant.
Le direct de franceinfo retient une autre formulation : « Je ne vous propose pas de revenir à la France d'avant, mais de construire la France de demain », puis « C'était bien avant, ce sera mieux demain ! ». Le titre de cette page emploie « refaire », comme Le Parisien, alors que la citation du corps dit « revenir ». Le Rassemblement national n’a pas publié le texte intégral sur les pages ouvertes. Au moment de la consultation, en fin d’après-midi, ce direct ajoutait encore des citations. Les propositions complètes du discours ne sont donc pas figées ici.
Dehors, Lucile Descamps a vu pour Le Parisien des opposants repartir vers la faculté de droit après des tentatives, vite déjouées, de bloquer une route départementale. La préfecture du Loiret avait interdit une manifestation déclarée dimanche près de la salle, comme le rappelle le récit de la marche de samedi. L’entrée dans CO’Met est un autre fait.


