Le 15 octobre 2026, réunie à Versailles, la Conférence générale des poids et mesures (CGPM) a adopté une résolution ouvrant la voie à la fin des secondes intercalaires. Le temps universel coordonné, ou UTC, doit devenir continu le 20 mai 2027. Cette référence sert à régler l’heure civile et à synchroniser des systèmes techniques.

Deux façons de mesurer le temps

Les horloges atomiques fournissent une cadence stable. La rotation de la Terre, dont dépend le temps astronomique appelé UT1, varie légèrement. Les secondes intercalaires permettent jusqu’ici de maintenir les deux références à moins de 0,9 seconde l’une de l’autre, explique l’institut américain de métrologie NIST.

Le dispositif a commencé le 30 juin 1972. Lors d’un ajout, la dernière minute de la journée UTC contient une seconde supplémentaire : après 23 h 59 min 59 s vient 23 h 59 min 60 s, puis minuit. Le tableau du NIST recense 27 ajouts, le dernier au 31 décembre 2016.

Un problème concret pour les réseaux

Ces ajustements peuvent mettre les logiciels en difficulté. Cloudflare a ainsi décrit une panne partielle de son service DNS le 1er janvier 2017. Un calcul de durée avait produit une valeur négative, provoquant des erreurs dans un programme de sélection de serveurs. L’entreprise indiquait qu’environ 0,2 % de ses requêtes DNS avaient été affectées au pic de l’incident.

Le National Physical Laboratory, institut britannique de métrologie, souligne aussi le risque d’une première seconde intercalaire négative : la rotation terrestre s’est accélérée ces dernières années. Retirer une seconde constituerait une opération inédite pour les infrastructures qui dépendent d’une synchronisation précise.

Une heure de marge entre les deux références

La résolution 5 porte à 3 600 secondes l’écart maximal autorisé entre UT1 et UTC. Cette marge doit permettre de conserver un UTC continu pendant plusieurs siècles. Elle désigne un seuil de divergence, sans programmer un saut d’une heure sur les horloges en mai 2027.

L’échéance précise la décision prise en 2022, qui prévoyait une augmentation de la marge au plus tard en 2035. Le Bureau international des poids et mesures doit accompagner l’application avec les organismes concernés. Le suivi de la rotation terrestre restera nécessaire : comme le rappelle le laboratoire britannique, l’astronomie et la navigation céleste utilisent toujours UT1.

La seconde elle-même suit un autre calendrier

La conférence travaille parallèlement sur une future définition de la seconde. Dans sa résolution 4, elle demande une proposition pour sa réunion de 2030, accompagnée d’une date de mise en œuvre. Ce chantier concerne les étalons physiques utilisés pour mesurer la durée ; la fin des secondes intercalaires concerne les ajustements de l’échelle UTC.