Une enquête de YouGov publiée par Interface le 22 octobre 2026, puis relayée le 23 octobre par Euronews, met en évidence un écart entre les usages de l’intelligence artificielle déclarés par des adolescents et la perception qu’en ont les parents. Cet écart apparaît notamment dès 11–12 ans pour les outils généralistes, tels que ChatGPT ou Claude.

Les réponses ont été recueillies en France du 24 au 30 juin 2026, en ligne, auprès de 1 138 parents et de 970 jeunes de 11 à 17 ans, avec l’accord parental. Le sondage décrit donc des pratiques déclarées en juin, quatre mois avant sa diffusion.

Un écart marqué pour les outils généralistes

Dans le groupe des 11–12 ans, qui compte 219 jeunes, 40 % déclarent utiliser une IA généraliste au moins une fois par semaine. L’estimation correspondante des parents atteint 26 %, soit un écart de 14 points. Pour les 13–15 ans, les deux proportions sont de 54 % et 43 % ; pour les 16–17 ans, de 56 % et 49 %.

Le questionnaire distingue les outils généralistes, les compagnons virtuels destinés à entretenir une conversation, les fonctionnalités d’IA des réseaux sociaux et les assistants vocaux. En englobant ces quatre catégories, 56 % des 11–12 ans sondés déclarent un usage au moins hebdomadaire, contre 44 % dans l’estimation parentale. Le périmètre retenu change ainsi le sens des chiffres.

La notice présente l’échantillon des parents comme représentatif selon l’âge, le genre, la région et la catégorie socioprofessionnelle. Pour les adolescents, elle indique une base permettant des analyses par tranche d’âge. Les résultats restent ceux d’un panel en ligne et de réponses déclaratives.

Le temps ressenti et le bien-être sont deux mesures distinctes

Parmi les 764 enfants utilisateurs auxquels la question sur le temps passé a été posée, 92 % disent consacrer plus de temps qu’ils ne le souhaiteraient à au moins un des outils couverts. Cette réponse exprime un ressenti ; elle ne mesure ni une durée de connexion ni une addiction diagnostiquée.

Sur le bien-être, 38 % des 970 jeunes déclarent des émotions négatives au moins une fois par semaine. Cette proportion atteint 44 % parmi les 607 utilisateurs réguliers d’IA et 50 % parmi les 136 utilisateurs réguliers de compagnons virtuels. Les indicateurs généraux de bien-être restent élevés dans ces groupes. L’enquête ne démontre pas que l’IA cause ces émotions.

L’accompagnement dépasse le seul cadre familial

Parmi les 1 138 parents interrogés, 32 % se sentent suffisamment accompagnés pour encadrer l’usage de l’IA de leur enfant ; 26 % se sentent aidés, mais insuffisamment, et 42 % pas du tout. Les établissements scolaires et les enseignants arrivent en tête des acteurs auxquels les parents demandent un appui.

Dans ses conseils aux enseignants publiés le 20 juin 2025, la CNIL recommande déjà de superviser les interactions des élèves, d’éviter la saisie de données personnelles et de leur apprendre à vérifier les réponses. Elle souligne aussi qu’une conversation avec un outil correspond à une transmission d’informations à un système.

Le haut-commissariat à l’Enfance a annoncé, le 18 septembre 2026, un groupe de travail associant notamment des associations et des entreprises. Des protections activées par défaut et un mode adapté aux mineurs figurent parmi les pistes proposées. Le communiqué prévoit des conclusions au terme de deux mois de travaux : il s’agit d’un chantier annoncé, avec des mesures encore à définir.