Le 13 octobre 2026, à Paris, Emmanuel Macron a reçu le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno pour poursuivre le rapprochement entre leurs deux pays. En marge de cet entretien, la ministre française des Armées Catherine Vautrin et son homologue tchadien Issakha Malloua Djamouss ont signé une déclaration d’intention portant sur les capacités de défense. La signature établit une volonté de coopération ; ses modalités opérationnelles restent à préciser.
Selon les explications de l’Élysée rapportées par Anadolu, les domaines visés sont la formation, l’expertise, l’industrie et les technologies. Le ministère français des Armées, cité par Opex360, présente l’objectif comme le développement des capacités des forces tchadiennes dans des domaines innovants. Aucun effectif de déploiement n’est précisé dans ces annonces.
Une reprise après le retrait français
Le point de départ de cette relance est la rupture décidée par N’Djamena le 28 novembre 2024. Le Tchad avait alors mis fin à son accord de coopération en matière de défense avec la France. Le retrait des troupes stationnées sur les bases permanentes s’est achevé fin janvier 2025, avec la restitution de ces installations.
Le dialogue politique a repris lors d’un entretien entre les deux présidents à l’Élysée, le 29 janvier 2026. La coopération économique accompagne ce rapprochement : un forum d’affaires franco-tchadien s’est tenu à Paris le 25 septembre. La déclaration d’octobre ajoute donc un volet de défense à une relance déjà engagée.
Des informations militaires encore non confirmées
Le Monde rapporte, en s’appuyant sur plusieurs sources tchadiennes, que des militaires français auraient commencé à former des unités locales durant l’été 2026. Le quotidien précise que les sources françaises qu’il a interrogées ne confirment pas cette présence. Cette information de presse reste distincte de la signature publiquement annoncée.
Le rapprochement fait aussi l’objet d’interpellations sur les droits humains. Dans un entretien publié le 14 octobre par Deutsche Welle, le journaliste et défenseur des droits humains tchadien Emmanuel Deuhb demande à Emmanuel Macron de prendre publiquement position sur leur respect au Tchad. Il s’agit d’une demande adressée au président français, au moment où les deux capitales renouent leur partenariat.
Pour mesurer la portée de cette relance, les prochaines décisions devront préciser les formations, les moyens et le calendrier retenus. Une déclaration d’intention ne permet pas, à elle seule, d’établir le retour d’un dispositif militaire permanent comparable à celui qui a quitté le pays en 2025.
