Emmanuel Macron est arrivé vers midi ce lundi 26 octobre à l’hôtel de ville de Marseille, dans une visite surprise annoncée le matin par l’agenda de l’Élysée. Accompagné notamment de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, de Serge Papin, ministre du Commerce, et de Sabrina Roubache, ministre déléguée, il a été accueilli par le maire Benoît Payan, qui avait dénoncé après les émeutes du 17 octobre un manque d’anticipation de l’État.

France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur décrit d’abord un passage dans le hall de la mairie, encore marqué par les dégradations du 17 octobre — buste de Marianne renversé, vitres cassées, tags — où le chef de l’État remercie des policiers municipaux et des marins-pompiers. Payan lui aurait expliqué comment une vingtaine de casseurs s’étaient introduits avant d’être repoussés par la police nationale.

« On n’avait pas du tout anticipé »

À l’issue d’un entretien à huis clos d’environ trente minutes avec le maire, Emmanuel Macron reconnaît publiquement qu’« à Marseille, comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces de l’ordre » et que les violences du 17 octobre « n’avaient pas du tout été anticipées », selon le compte rendu de France 3. Il appelle à « préparer la suite » et avertit que « samedi prochain sera à risque », en référence à la mobilisation annoncée pour le 31 octobre.

Pour les prochaines manifestations, il indique que la priorité ira à la protection des biens et des personnes et que les tracés autorisés se feront « en dehors des centres-villes » afin de préserver l’ordre public. Il évoque aussi un « accompagnement des commerçants touchés » par les casseurs, avec la mise en place d’un fonds, sans que le montant ou les modalités soient précisés dans ce récit.

Le président annonce enfin des « annonces fortes » pour répondre aux revendications à la « racine » du mouvement lycéen, sans en détailler le contenu lors de ce déplacement. Sébastien Lecornu recevait le même jour à Matignon les organisations lycéennes et étudiantes.

Contexte : du 17 au 24 octobre à Marseille

Les pillages et émeutes du vendredi 17 octobre avaient particulièrement frappé Marseille, où la mairie centrale avait été envahie. Benoît Payan avait alors réclamé des comptes à l’État ; samedi 24 octobre, il s’était félicité d’une manifestation globalement calme malgré quelques débordements en fin de cortège.

Pour la journée du 24 octobre, Gomet’ reprend un bilan préfectoral arrêté à 21 heures : sept commerces pillés ou dégradés dans les Bouches-du-Rhône, 71 interpellations, 40 gardes à vue et 40 policiers légèrement blessés. Ce décompte concerne le département et la fin de la mobilisation du samedi, distinct du bilan national commenté le lundi par Laurent Nuñez.

Emmanuel Macron devait poursuivre sa visite à la préfecture pour échanger avec des commerçants et des forces de l’ordre, selon France 3. Aucun compte rendu intégral publié sur elysee.fr n’a été consulté pour ce passage.