Le 21 octobre 2026, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre Booking.com. Elle cherche à déterminer si la plateforme de réservation respecte le règlement sur les services numériques, ou DSA, dans sa prévention des fraudes et sa présentation des annonces payantes. Il s’agit d’une enquête, sans infraction définitivement établie.
Des hébergements fictifs aux demandes de paiement
Bruxelles examine deux risques distincts pour les voyageurs : réserver un logement inexistant ou non conforme, et recevoir une demande de paiement frauduleuse exploitant les informations d’une véritable réservation. Pour ce second volet, l’enquête porte notamment sur les données transmises aux hébergeurs et sur le fonctionnement de la messagerie de Booking.
Un test antérieur illustre les critiques adressées à la plateforme. Le 2 septembre 2026, l’association britannique Which? a expliqué avoir créé une annonce fictive au 10 Downing Street, puis effectué une réservation test et envoyé un lien demandant des coordonnées bancaires. Booking a contesté la représentativité de l’expérience : selon l’entreprise, la fermeture de l’annonce aux réservations avait empêché le déclenchement de certains contrôles automatiques. Which? précise avoir brièvement ouvert l’annonce pour permettre sa propre réservation, puis l’avoir refermée. Ce test britannique est distinct de la procédure européenne.
La visibilité payante aussi examinée
L’autre enjeu concerne les résultats de recherche : un hébergeur peut payer une commission plus élevée pour rendre son offre plus visible. La Commission veut vérifier que le voyageur reconnaît clairement cette publicité. Les obligations examinées portent sur l’évaluation et la réduction des risques, ainsi que sur la transparence publicitaire.
Booking promet sa coopération
Dans une réponse rapportée par The Register le 21 octobre, Booking affirme coopérer avec la Commission et présente la sécurité et la protection des informations personnelles comme des priorités. La même position figure dans un article de PhocusWire repris le 22 octobre par Travel Weekly.
La procédure suit un examen préliminaire des rapports d’évaluation des risques remis par la plateforme, rapporte Reuters. La Commission peut encore demander des informations, mener des entretiens ou des inspections et accepter des engagements de l’entreprise. Aucun délai légal fixe n’encadre la clôture de l’enquête. Si des violations étaient confirmées, le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial.
