Le 23 octobre 2026, l’Unédic a publié Europ’Info 2026, un panorama des règles d’assurance chômage de douze États de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de la Norvège et de la Suisse. Accéder à une allocation, en fixer le montant et déterminer sa durée relèvent de conditions distinctes : un plafond élevé ne renseigne pas, à lui seul, sur la protection d’une personne qui perd son emploi.

L’accès dépend aussi de la période examinée

Le comparatif retient, pour l’Italie, trois mois d’affiliation recherchés sur quarante-huit mois. En Allemagne, la Bundesagentur für Arbeit indique une règle générale de douze mois d’assurance au cours des trente derniers mois ; un dispositif particulier existe pour certains contrats courts.

En France, France Travail précise que les six mois exigés dans le cas général sont recherchés sur vingt-quatre mois avant 55 ans et trente-six mois à partir de cet âge. Le seuil est abaissé à cinq mois pour certains parcours saisonniers ou, pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2026, en l’absence de droit ouvert depuis vingt ans. La seule durée travaillée ne suffit donc pas à décrire l’éligibilité.

Des taux appliqués à des bases différentes

Pour l’Allemagne, l’agence fédérale de l’emploi décrit une allocation correspondant à 60 % d’un revenu net calculé après déductions forfaitaires, ou 67 % lorsqu’un enfant est pris en compte selon les critères fiscaux. Il ne s’agit pas de 60 % du salaire brut.

En France, France Travail part des rémunérations brutes. Deux formules sont comparées : 57 % du salaire journalier de référence, ou 40,4 % de ce salaire augmenté d’une partie fixe. Le montant le plus favorable est retenu, dans les limites prévues. Opposer directement les pourcentages français et allemand ferait disparaître cette différence d’assiette.

La durée doit aussi être distinguée du montant : en Allemagne, une personne de moins de 50 ans peut recevoir jusqu’à douze mois d’allocation si elle justifie au moins vingt-quatre mois d’assurance. Les droits varient ensuite notamment avec l’âge et la carrière assurée.

Un maximum brut n’est pas une moyenne nette

À l’ouverture du droit, le tableau de l’Unédic affiche des montants mensuels maximaux bruts de 1 342 euros au Portugal, 9 006 euros en France et 9 384 euros en Suisse. Ces maxima dépendent notamment des salaires antérieurs retenus et, selon le pays, de la situation familiale. L’Unédic indique que l’allocation maximale française ne concerne qu’environ 0,2 % des bénéficiaires en 2025.

La moyenne de 1 128 euros citée dans Europ’Info correspond, elle, aux sommes nettes versées aux allocataires sans activité au quatrième trimestre 2025. Sur cette même période, la moyenne incluant les personnes cumulant allocation et revenu d’activité était de 1 040 euros, selon la publication statistique dédiée.

Des données plus récentes étaient déjà disponibles : pour le premier trimestre 2026, l’Unédic indique 1 055 euros nets mensuels en moyenne parmi les personnes indemnisées, et 1 152 euros pour celles sans activité. La publication du 24 septembre signale aussi une correction de la répartition entre allocataires avec et sans activité. Ces valeurs ne permettent donc pas, à elles seules, de déduire une évolution à population constante.

Des règles à replacer dans leur date

Europ’Info indique une base de données au 1er juillet 2026, tout en intégrant certaines évolutions ultérieures, dont les durées françaises après une rupture conventionnelle individuelle depuis le 1er septembre. Pour un dossier individuel, l’âge, le parcours et la date de fin du contrat restent déterminants. Cette publication comparative ne modifie pas les droits des allocataires.